Nous sommes encore dans les jours de l’enfouissement du Carême, du retour sur nous-mêmes et du travail d’émondage de l’Esprit dans les replis de notre cœur et de notre esprit.
Temps de la renaissance. Mais bientôt, nous entrerons, nous passerons avec Jésus dans la lumière du jour de Pâques. Temps de la Résurrection. Alors, nous pourrons bâtir avec un zèle renouvelé et un amour plus vrai l’Église de la synodalité. Temps de la reconstruction.
Renaissance
Notre première naissance n’est pas notre naissance définitive. Nous ne l’avons pas choisie et elle n’est qu’un ensemble de capacités en devenir, dont, en particulier, celle de décider d’occuper la place que Dieu nous invite à prendre dans le monde.
Nous devons donc passer par une seconde naissance pour devenir nous-mêmes, réaliser notre vocation. Cette re-naissance, c’est le moment où nous choisissons d’être une personne libre et responsable de son destin, de travailler à sortir de notre moi biologique pour faire surgir en nous la ressemblance et l’image de Dieu, pour faire de notre vie un don. Chaque année, le carême vient comme un temps de grâce offert par Dieu pour faire le point : sommes- nous encore vivant(e)s ? Sommes-nous vraiment animé(e)s par la foi, l’espérance et la charité ? Quel côté de notre personnalité devons-nous polir pour mieux laisser transparaître la présence de Dieu ?
Ces deux dernières années, c’est l’Église tout entière qui a entrepris ce travail de renaissance qui passe par une reconnaissance de la vérité des agissements délictueux de certains de ses membres et leur dénonciation.
Résurrection
Chaque fête de Pâques nous rappelle que la résurrection n’est pas quelque chose à venir, mais une réalité nouvelle qui commence chaque “aujourd’hui”.
Rencontrer le Christ pascal, c’est accueillir son amour qui vient nous chercher jusque dans nos «petites» morts, qui vient nous relever de notre enfer d’égocentrisme. Répondre à son amour qui nous humanise en nous faisant passer du moi possessif au moi oblatif, à son amour vivant et créateur, fait de nous des vivants et des créateurs. Chaque fois quenous grandissons dans l’ amour, nous devenons un peu plus vivants et, ainsi, nous mettons un peu plus d’immortalité dans notre vie. C’est chaque jour que nous sommes appelés à ressusciter jusqu’à celui de notre passage -notre Pâque- vers l’éternité.
Et c’est corps et âme qu’à notre mort nous ressusciterons car les forces de l’amour transfigurent jusqu’à notre enveloppe charnelle, comme nous l’affirmons dans le Credo quand nous disons : «Je crois à la résurrection de la chair». Comme le Christ qui n’a pas été désincarné après sa Résurrection, notre corps mortel aussi sera vivant, libéré de ses contraintes terrestres.
Reconstruction
Nous conformer à l’amour de Dieu nous rend créateurs avec Lui : créateurs de notre identité de fils de Dieu, créateurs avec les autres croyants du moi véritable de l’Église.
Et cette période synodale –et post-synodale- que nous vivons nous offre tout particulièrement l’occasion de déployer nos talents de créateurs pour répondre aux défis auxquels nous sommes confrontés et mettre en œuvre les points d’insistance que nous avons mis en exergue.
Créatrice et reconstructrice, l’Église de Turquie l’est déjà en cette période de reconstruction des bâtiments, des communautés et des personnes dans les zones sinistrées après le tremblement de terre du 6 Février. Que nos prières, nos moyens, nos forces vives et notre amour fraternel soutiennent tous les créateurs de vie nouvelle, tous les panseurs des cœurs, tous les bâtisseurs «sur d’anciennes ruines, tous les «réparateur[s] des brèches», tous ceux qui «rend[ent] le pays habitable.» Isaïe 58,12
Marie-Françoise Desrues

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