Dimanche, 26 Mars 2023, les catholiques d’Istanbul ont été invités à participer à la réunion du Vicariat au sein de la Cathédrale du Saint Esprit et au salon nouvellement appelé « Salon Mgr Ruben Tierrablanca ».
Le sujet traitait du séisme qui a eu lieu le 6 février dernier dans le sud-ouest de l’Anatolie et en Syrie. La question, à savoir “Où est Dieu dans les catastrophes naturelles ? » a trouvé plusieurs réponses bibliques présentées par Mgr Bizzeti, l’invité spécial qui a vécu de près ce tremblement de terre.
Chaque église d’Istanbul s’est présentée, encouragée par les applaudissements et les chants de la chorale.
La journée a été ouverte par Monseigneur Massimiliano. Une prière dédiée aux sinistrés a été récitée par tous les participants, suivie par la lecture du Psaume 46 «Dieu est pour nous refuge et force, secours dans la détresse, toujours offert ».
La lecture de l’Évangile de Saint-Luc (13:1-5) nous a fait méditer sur nos péchés : « Pensez-vous que ces Galiléens étaient de plus grands pécheurs que tous les autres Galiléens, pour avoir subi un tel sort ? ».
Présentation de Mgr. Bizzeti - « Où est le Seigneur dans les catastrophe naturelles ?

L’Évêque d’Anatolie a précisé que se poser cette question était tout à fait « légitime » lors d’un séisme, d’une inondation, d’une éruption volcanique, d’un ouragan, etc. Pour répondre, l’invité a tout d’abord cité l’exemple de Job. La manière dont le prophète a interrogé le Seigneur, sa prise de conscience face aux aléas de la vie…
« Les sciences et la technologie ont fait perdre à l’homme d’aujourd’hui la sagesse et l’humilité » expliqua Monseigneur Paolo « L’homme de nos jours se considère égal à Dieu, il se croit le maître de la vie et de l’univers et cela l’empêche de se rendre compte qu’il est fragile et limité. Découvrir ses limites et ses faiblesses est très douloureux. » ajouta-t- il.
Ensuite, Mgr. Paolo a partagé ses observations personnelles lors du séisme, accentué par l’Évangile de Saint -Marc (9 – 24) “Je crois, aide – moi car j’ai de la peine à croire !”
En résumé disait–il : « Le séisme nous a montré le cœur de l’homme dans lequel se mélangent souvent la lumière et les ténèbres ».
Le programme a consacré un temps pour le partage en petits groupes. Les participants se sont retrouvés selon leur langue pour méditer, partager leurs expériences en répondant aux questions :
- Avez-vous ressenti la présence de Dieu pendant les moments difficiles ?
- Qu’est-ce que la souffrance vous a appris ?
Article : Adèle Yarsuvat
Photos : N. Jamalibadi
Journée du vicariat IIème partie: 26/03/2023
Groupes de partage et Salon Mgr. Ruben Tierrablanca (†):
Afin de répondre aux questions posées, les participants de nos églises se sont réparties en petits groupes de langues avec des modérateurs et ont chacune préparé des présentations sur ces questions.
Dans ces discussions de groupe, les participants ont partagé leurs témoignages personnels et ceux de leurs proches. Ils ont exprimé l'impact de cette catastrophe naturelle sur nos cœurs et nos sentiments, ainsi que la douleur et la souffrance causées par cette catastrophe naturelle massive, et ont créé des sentiments communs. Les réunions ont également contribué à la fusion des communautés.
Les déclarations finales ont été partagées avec toutes nos congrégations sur scène. En outre, une chorale composée des enfants et des jeunes a offert un chant inoubliable. Les jeunes talents de l'avenir ont également présenté une composition de la Semaine sainte de Jésus Christ.
Voici quelques points de certains partage de la réunion ;
- − Le besoin de garder une foi « vivante ».
- − L'importance de faire patiemment confiance à Dieu en toutes circonstances.
- − Si nous n'agissons pas en harmonie avec la nature, nous devons en supporter les conséquences, Ce qui survient n'est pas l’œuvre de Dieu (bon ou mauvais), mais le résultat du propre agissement de l'homme.
- − Lors d'une grande catastrophe naturelle, les survivants sont tous égaux.
- − Dans cette catastrophe, ni l'argent ni la position n'avaient d'importance.
Le témoignage qui vient d’Antioche
La famille qui venait de l’église d’Antioche représentait le témoignage le plus important de cette journée. Une famille qui a vécu chaque seconde du tremblement de terre. Voici leur vécu :
Tout d’abord ils ont été très reconnaissants car il n’y a pas eu de mort dans leur famille. Tous ont pu sortir de chez eux malgré les tremblements et le froid. Dans le chaos total, le père de famille pensa à prendre les clés de la voiture et de plus retrouver la leur sans aucun dégât ont été des moments forts pour eux. Pendant trois jours, ils ont logé dans leur véhicule sans eau et sans aliments. Alors que les supermarchés étaient pillés, ils pensèrent aller prendre de l’eau. Mais avec une quiétude interne ne le firent pas. C’est à ce moment qu’une famille qu’ils ne connaissaient même pas leur apporta de l’eau. Nous avons été les témoins directs de la grandeur de Dieu.
Une fois arrivés à Istanbul, ils se trouvèrent dans un quartier semblable à le leur en Antioche, proche de l’Eglise et des chrétiens.
L’Evêque d’Istanbul, Mons. Massimiliano remercia la foi de cette famille et leur exemple dans cette dure épreuve. Il exprima que cette famille représente l’espoir pour nous tous. Le vicaire d’Istanbul remercia son équipe pastorale, la chorale, les Sœurs de Verbo Incarnato pour la réalisation de la journée.
La dernière partie de la journée fut dédiée à l’ouverture du salon du vicariat au nom de Monseigneur Ruben Tierrablanca décédé en 2020 à cause du Covid. Ainsi le nom et l’ouvre de Mgr. Tierrablanca se remémoreront dans les activités du Vicariat Apostolique d’Istanbul.
Article de Sevcan et Tansu Demir (Equipe pastorale d’Istanbul)
Photos :Sevcan & Tansu Demir – Giovanna Taoussi – Arus Jamilabadi
Yanıt yok