À ANTIOCHE, L’HÉRITAGE DES APÔTRES
Prière œcuménique et rencontre fraternelle
Le 29 juin 2026, à l’occasion de la fête des deux grands Apôtres de l’Église, saint Pierre et saint Paul, une importante rencontre œcuménique s’est tenue à Antioche. Dans cette ville, l’un des plus anciens et des plus profondément enracinés foyers de l’histoire chrétienne, la prière qui s’est élevée ce jour-là fut bien davantage que la célébration d’une fête inscrite au calendrier liturgique. Elle fut un puissant moment spirituel, rendant visibles la mémoire commune des différentes traditions ecclésiales, leur désir de fraternité et leur témoignage d’une foi qui les rassemble dans le même Seigneur.
Célébrée à Antioche, là où prit forme l’une des premières communautés chrétiennes et où les disciples de Jésus Christ reçurent pour la première fois le nom de « chrétiens », cette journée a uni à nouveau l’héritage sacré du passé à la prière d’aujourd’hui. Elle a rendu de nouveau audible, pour l’Église de notre temps, un appel venu des profondeurs de l’histoire.
La première partie du programme s’est déroulée à l’église Saint-Pierre, lieu unique dans la mémoire multiséculaire du christianisme, où les participants se sont rassemblés pour la prière œcuménique. Depuis des siècles, ce lieu sacré accueille la prière, le silence et le témoignage. Ce jour-là, il a réuni des responsables religieux, des membres du clergé et des fidèles issus de différentes traditions ecclésiales autour d’une même foi et d’un même appel.
Ont pris part à la prière œcuménique Mgr Antuan Ilgıt, Evêque administrateur du Vicariat apostolique d’Anatolie, Seyyidna Pavlus Orduluoğlu, Métropolite de Tarse du Patriarcat grec-orthodoxe d’Antioche, ainsi que le Père Avedis Tabaşyan, responsable pastoral de la communauté arménienne d’Anatolie. Des membres du clergé des Églises orthodoxe et catholique les accompagnaient également.
Une même foi, portée par plusieurs voix
La prière œcuménique s’est ouverte par une allocution de Mgr Antuan Ilgıt. Ses paroles ont rappelé la place d’Antioche dans l’histoire du christianisme ainsi que la vocation de cette ville à rassembler différentes traditions dans un même horizon de foi. Mgr Ilgıt a souligné qu’Antioche n’est pas seulement le précieux souvenir d’un passé chrétien : par le témoignage de saint Pierre et de saint Paul, elle demeure aujourd’hui encore un lieu de mémoire vivante et de fraternité pour les chrétiens. Dès les premiers instants de la célébration s’est ainsi imposée la signification profonde de cette prière commune, appelée à rendre visible la fraternité née d’une même racine.
Les lectures de la Sainte Écriture furent proclamées en plusieurs langues, donnant à entendre, au cœur d’Antioche, la richesse d’une tradition chrétienne aux voix multiples, mais toutes nourries à la même source. Après avoir été proclamé en arabe, l’Évangile du jour fut lu en turc par le Père Avedis Tabaşyan.
Dans son homélie, Seyyidna Pavlus approfondit l’appel à l’unité et à la fraternité à la lumière du témoignage de saint Pierre et de saint Paul. Il rappela également combien il demeure essentiel, au milieu des souffrances vécues sur cette terre après le tremblement de terre, de préserver l’espérance, la solidarité et une mémoire commune.
L’un des traits particulièrement marquants de cette prière fut la participation de chorales issues des différentes traditions ecclésiales. Des chants catholiques, orthodoxes et arméniens se sont ainsi élevés tour à tour, donnant par la musique une profondeur supplémentaire à la rencontre.
La chorale catholique était, quant à elle, composée des jeunes qui participaient ces mêmes jours à la rencontre organisée à İskenderun. Leur présence attentive et leur engagement sincère ont fait de cette journée non seulement une commémoration tournée vers le passé, mais aussi un signe d’espérance ouvert sur l’avenir.
Sous les voûtes et entre les murs chargés d’histoire d’Antioche, leurs voix ont rendu sensible cette continuité qui relie les premières communautés chrétiennes au témoignage de foi d’aujourd’hui. Les chants sont ainsi devenus la voix de la prière commune, mais aussi celle d’une fraternité transmise de génération en génération.
La présence des jeunes au cœur de cette journée œcuménique a également montré que la prière de l’Église pour l’unité continue de trouver un écho auprès des nouvelles générations.
Antioche, une mémoire chrétienne toujours vivante
La prière célébrée à Saint-Pierre a rappelé une nouvelle fois la place toute particulière d’Antioche dans l’histoire du christianisme. Dans ce lieu sacré, façonné au fil des siècles par la prière des premières communautés chrétiennes, les voix qui se sont élevées ont rendu presque tangible la continuité d’une foi transmise depuis les origines jusqu’à aujourd’hui.
Célébrée en la fête de saint Pierre et de saint Paul, cette rencontre œcuménique est ainsi devenue une expression forte de la recherche de l’unité de l’Église, une recherche qui traverse les époques et continue d’appeler les chrétiens à marcher les uns vers les autres.
Après la rencontre œcuménique, la célébration s’est poursuivie par la Sainte Messe en l’église catholique d’Antioche.
Présidée par Mgr Antuan Ilgıt, cette liturgie fut pour la communauté catholique l’occasion d’exprimer sa gratitude pour le témoignage de saint Pierre et de saint Paul. Seyyidna Pavlus Orduluoğlu, le Père Avedis Tabaşyan, Abuna Can Dellüller et le diacre Petrus Kuşoğlu ont également pris part à la célébration.
Ainsi s’est achevée cette journée de prière à Antioche, dans une profonde continuité spirituelle entre la prière élevée à Saint-Pierre et la célébration de la Sainte Messe.
Tout au long de la journée, le riche héritage spirituel porté par Antioche s’est fait sentir dans chacun des moments vécus. Il a donné à cette rencontre une portée qui dépassait largement la seule célébration d’une fête liturgique, pour l’inscrire dans un horizon plus vaste : celui d’une mémoire reçue ensemble, d’une fraternité appelée à grandir et d’une unité qui demeure, pour tous les chrétiens, un chemin d’espérance.
Texte : Julia Elif Ayata
Photographies : Yasan Bereytouni



