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NOVEMBRE 2026

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LA SYNODALITÉ DANS L’ÉGLISE

UNE GRANDE ESPÉRANCE

« Communion, Participation, Mission »… au souffle de l’Esprit

Le pape François laisse en héritage à l’Église un grand projet qu’il a ouvert et suivi de près : c’est celui de la “synodalité”. Il a ardemment souhaité que ce “marcher ensemble” passe dans les faits. Il a même prévu sa mise en œuvre concrète pour les années à venir. La synodalité désigne un mode de gouvernement visant à une participation active de la part de tous les chrétiens, clercs et laïcs, hommes et femmes, dans une Église unie et “en sortie”, qui va rejoindre les hommes dans leurs situations concrètes. En même temps, le Saint-Père a toujours mis en garde contre les risques de structures rigides ou d’activisme et mis en avant la primauté de la relation avec Dieu, l’ouverture à l’Esprit Saint et à la volonté du Père, avec une vie de prière et d’intimité avec le Christ dans l’Évangile, l’eucharistie, l’adoration. Telle est la source de l’engagement des chrétiens.

Le mot lui-même de “synodalité” a été parfois qualifié de “barbare” au premier abord, et d’ailleurs il n’est pas encore enregistré dans le Dictionnaire de l’Académie française ! Et pourtant c’est un terme qui peu à peu entre dans le vocabulaire de l’Église et trouve sa définition.

Peut-être vous souvenez-vous de certains questionnaires qui vous furent soumis, de certaines réflexions en groupes dans vos paroisses, au cours de l’année 2021-2022. Il s’agissait de la première étape de mise en marche du “synode sur la synodalité”, ouvert officiellement par le Saint-Père François le 9 octobre 2021 avec une invitation résumée en trois mots lors de son homélie : “rencontrer, écouter, discerner” (homélie d’ouverture, 10 octobre 2021). Le pape désirait se mettre à l’écoute des richesses et des attentes des fidèles au niveau local, des expériences vécues dans les différents continents, ayant foi en l’Esprit Saint qui s’exprime à travers tout le peuple de Dieu. Il s’est engagé résolument sur la voie d’un gouvernement de communion entre le pape, les évêques et l’ensemble du peuple de Dieu, assisté par le sens de la foi (sensum fidei) dont jouit tout baptisé. 

Le “Synode sur la synodalité” : cette expression qui paraît redondante est ainsi une invitation à réfléchir sur une nouvelle forme de gouvernement dans l’Église et un nouveau fonctionnement synodal. Il y a plusieurs sortes de synodes, y compris des synodes diocésains. Jusqu’à présent à Rome c’étaient les évêques, avec seulement quelques invités extérieurs, qui se réunissaient régulièrement en “Synodes des évêques”, un organe institué par saint Paul VI pour aider le pape  à traiter des questions importantes de la vie de l’Église (dernièrement les jeunes, la famille, l’évangélisation,…). Le pape François a voulu ouvrir beaucoup plus largement le Synode des évêques pour en faire une assemblée représentative du peuple de Dieu, et en commençant par une étape préalable au niveau de tous les diocèses. C’est le choix de marcher vraiment ensemble, selon d’ailleurs l’étymologie du  terme en grec ancien : “sun” (avec) – “hodós” (chemin, route), qui unit l’idée d’être ensemble et celle d’une Église en marche.

Il y a donc eu d’abord une étape diocésaine, celle où tous les fidèles ont été appelés à s’exprimer (2021-2022), puis une étape continentale (septembre 2022-mars 2023) débouchant sur des documents de synthèse, et finalement un Synode à Rome (2-27 octobre 2024), où les évêques ont été entourés de nombreux prêtres, religieux, religieuses, laïcs hommes et femmes, de tous âges et tous continents, réunis dans l’immense Salle Paul VI. Le pape François était présent aux sessions, toujours prêt à écouter et à dialoguer en toute simplicité avec ceux qui l’approchaient.

Comme tous les synodes celui-ci a débouché sur un Document final, qui dessine les grandes lignes de l’Église synodale comme poursuite de la mise en pratique des inspirations du Concile Vatican II :  “En effet, le chemin synodal met en œuvre ce que le Concile a enseigné sur l’Église comme mystère et peuple de Dieu, appelé à la sainteté par une conversion continue qui vient de l’écoute de l’Évangile. En ce sens, le chemin synodal constitue un acte de réception ultérieure du Concile, prolongeant son inspiration et relançant sa force prophétique pour le monde d'aujourd'hui.” (Document final, No 5)

Le Saint-Père François a choisi d’approuver ce Document final sans ajouter comme c’est la coutume une exhortation apostolique : “C’est pourquoi je n’ai pas l’intention de publier une ‘exhortation apostolique’, ce que nous avons approuvé est suffisant. Le Document contient déjà des indications très concrètes qui peuvent servir de guide pour la mission des Églises, dans les différents continents, dans des contextes différents : c’est pourquoi je le mets immédiatement à la disposition de tous, c'est pourquoi j'ai déclaré qu'il devait être publié. Je veux ainsi reconnaître la valeur du chemin synodal accompli, que je remets par ce Document au saint peuple fidèle de Dieu.” Ces paroles du pape donnent certes envie de prendre connaissance du document, où se dessine toujours plus une Église qui ne reste pas repliée sur elle-même mais sort de ses murs pour partager la Bonne Nouvelle de l’Évangile, c’est aussi une Église où les chrétiens ne finissent pas de se former après leur baptême ou leur première communion…, mais poursuivent leur chemin de conversion toute la vie, pour mieux connaître et vivre le trésor qu’ils ont reçu et pouvoir le partager généreusement.

Pour la mise en œuvre des indications concrètes de l’Assemblée synodale, le pape François a approuvé depuis son lit d’hôpital une Lettre sur le processus d’accompagnement de la phase de mise en œuvre du Synode, signée par le Cardinal Mario Grech, Secrétaire général du Synode. Cette nouvelle étape prévoit entre autres des Équipes synodales au niveau des diocèses qui contribueront à cet accompagnement. Un Jubilé de ces Équipes synodales aura lieu du 24 au 26 octobre 2025. Au terme de plusieurs étapes de mise en œuvre et d’évaluation aux niveaux diocésain et continental, une Assemblée ecclésiale sera célébrée au Vatican en octobre 2028. Tout ce processus devrait devenir le fonctionnement normal du gouvernement dans l’Église. 

Attention ! Une Église synodale pourrait être comprise comme une Église atteinte de « réunionite » si l’on retient surtout le sens de “synode” comme assemblée ou réunion. Cela serait bien loin du souffle de l’Esprit que le pape François a appelé de tous ses vœux pour une Église en marche (“hodós” : chemin). Les assemblées et réunions, les équipes d’accompagnement prévues dans le document final, font partie de l’Église synodale dans le but d’écouter la voix de tous les baptisés, et même non baptisés, mais surtout pour se mettre ensemble à l’écoute de l’Esprit Saint, de l’Évangile, de la voix du Christ, de sa présence dans les pauvres et les souffrants, et pour que chacun assume, en se sentant membre du peuple de Dieu, les responsabilités de chrétien que le Père attend de lui, celles de la prière, du service, de la maladie offerte, de l’éducation, des responsabilités familiales, sociales et culturelles, du dialogue oecuménique… et de toutes initiatives qui puissent participer d’une manière ou d’une autre à la mission évangélisatrice de l’Église. 

Citons pour terminer notre cher pape François en le priant de continuer d’intercéder pour nous tous et pour son successeur : “l’Église – semper reformanda – ne peut marcher ni se renouveler sans l’Esprit Saint et ses surprises ; sans se laisser modeler par les mains du Dieu Créateur, de son Fils Jésus-Christ, et de l’Esprit Saint. (…) Sœurs, frères, parcourons ce chemin en sachant que nous sommes appelés à refléter la lumière de notre soleil qui est le Christ, comme une lune pâle assumant fidèlement et joyeusement la mission d’être pour le monde un sacrement de cette lumière qui ne brille pas par soi-même.” (Discours inaugural, 2 octobre 2024). 

Avec la Vierge Marie, soyons cette humble et joyeuse lumière.

Annick Johnson m.id

Photo: Instagram m.identes